Guide
Historique de la marque Norbert Bottier
Je n’avais certainement que quelques mois en 1962, lorsque ma mère rendait visite à mon père dans son échoppe de cordonnerie. Elle venait l’aider pour différentes tâches, tous les jours, pendant quelques heures.
Mis à jour le
1962
Je n’avais certainement que quelques mois en 1962, lorsque ma mère rendait visite à mon père dans son échoppe de cordonnerie. Elle venait l’aider pour différentes tâches, tous les jours pendant quelques heures. Déjà à cette époque, j’avais ma place dans cette boutique : mon berceau était calé dans l’arrière-boutique, entre deux piles de chaussures, à l’endroit où étaient entreposés les croupons de cuir qui serviraient aux ressemelages. J’ai donc naturellement été bercé dans un environnement olfactif bien précis. Ces parfums, cinquante ans après, je leur suis toujours fidèle : cuir, teinture, colle, poix, fils à coudre et même cette odeur de poussière… C’est ici que j’ai pris mes premiers biberons et que j’ai commencé à marcher à quatre pattes. Au fil des années, je suis allé à l’école, puis au collège, non loin de cette boutique, qui fut le pilier de toute mon éducation, mon repaire dans la vie. Je me souviens que les mercredis et les samedis, je poussais la porte de son atelier et je passais des heures à l’observer travailler debout devant toutes ces machines, qui donnaient l’impression de garder un secret. Et il s’agissait bien d’un secret : comme par magie, il réparait et transformait toutes les chaussures que les clients lui confiaient, mais aussi les sacs à main, les cartables, les ceintures et j’en passe. Mes études au collège étaient loin d’être brillantes : je ne pensais qu’à une chose, travailler avec mon père.
1976
Cette année-là, je quittais le collège pour commencer mes classes au lycée technique d’Alembert, un établissement du 19ᵉ arrondissement de Paris spécialisé dans les métiers de la chaussure. J’y entrais avec l’intention d’obtenir en deux ans le brevet d’études professionnelles. Alors que mon niveau était très moyen au collège, je décrochais à présent les meilleures notes de toute la classe. Que ce soit en enseignement général ou dans les matières techniques, j’obtenais toujours entre 18 et 20. Pendant les congés scolaires, mon père m’avait trouvé, chez un de ses meilleurs amis, une place « non rémunérée » de stagiaire dans une petite usine de fabrication de chaussures pour femme, dans le quartier de Belleville, qui à l’époque regorgeait d’ateliers et de microscopiques usines de chaussures et de maroquinerie. J’ai adoré ce quartier et l’ambiance de cette petite industrie. Pendant ces quinze jours de vacances, j’apprenais bien plus de choses que pendant un trimestre en classe. À la fin de ma première année de BEP, l’ensemble du conseil de classe avait envisagé pour moi de m’orienter en Première du niveau de BTS, le Graal en quelque sorte. Mais mon expérience dans cette petite usine et dans d’autres de Belleville m’a fait croiser des ouvriers qui étaient pour moi des adultes et qui avaient entre dix et trente-cinq ans d’expérience. En les côtoyant, je pris conscience du travail à la chaîne et de la monotonie de la répétition des tâches. Rapidement, je me suis projeté à leur place et j’ai refusé de leur ressembler. Ce que j’aimais, en réalité, c’était concevoir et préparer de nouvelles collections. Malheureusement pour moi, je n’avais pas les moyens de m’offrir un tel outil de travail. C’est alors que je compris que le métier qui englobait à peu près toutes les étapes de fabrication d’une chaussure, sans avoir à souffrir de la monotonie, était la cordonnerie. Une fois que j’avais appris à concevoir et à réaliser des chaussures, je pouvais aborder plus facilement leur réparation. Cela me donnait une avance certaine sur un cordonnier qui se serait contenté d’apprendre à réparer, sans connaître toutes les étapes de la fabrication. Je me suis donc permis le luxe de refuser la proposition de mes professeurs et de faire ma rentrée en deuxième année de BEP dans l’unique but d’attendre mes seize ans. Le 17 octobre, je pris mes outils et mon tablier dans mon casier et je ne remis plus les pieds au lycée. J’avais enfin seize ans et j’étais donc libre de ne plus aller en classe.
1978
À cette époque, j’ai directement rejoint mon père dans son atelier pour finir mon apprentissage, mais de manière intensive. J’adorais être près de lui. Il m’a tout appris, surtout la patience, mais aussi à agir au bon moment. J’ai acquis à ses côtés tout le savoir-faire que j’utilise encore aujourd’hui. Cet apprentissage dura presque trois ans.
1981
En décembre de cette année, mon père m’informa qu’une minuscule boutique de cordonnerie tenue par un très vieux Polonais était à vendre non loin du métro Poissonnière, dans le faubourg, mon faubourg, celui qui me lança. La boutique ressemblait plus à une cave au rez-de-chaussée qu’à un magasin. J’avais tout de suite dit à mon père que je ne pouvais pas l’acheter avec mes maigres économies. Mais il me prouva rapidement le contraire. Entre l’acquisition du fonds de commerce, les travaux d’installation et les machines, j’avais besoin de 200 000 francs. Il me traîna à la banque et se porta caution d’un emprunt du même montant. La course venait de démarrer. Elle continue encore aujourd’hui, cette belle aventure, celle qui m’a permis de me réaliser.
Une fois les travaux finis et le matériel installé, j’ai pu commencer à travailler. J’ai rapidement acquis une bonne notoriété dans le quartier et ma petite boutique prit un essor très satisfaisant. De nouveaux clients venaient régulièrement, et pas seulement du quartier. Je bénéficiais de plusieurs articles de presse et même d’une émission de télévision sur France 2 avec Christophe Dechavanne. La boutique devint très populaire.
1988
En juillet, je décidais d’acheter, toujours en association avec mon père, une seconde boutique rive gauche, avenue de Suffren. Une bien belle adresse ! Cette cordonnerie, qui existait déjà depuis trente ans, était en perte de vitesse avant que j’en reprenne les rênes. À cette époque encore, je ne faisais que réparer des chaussures, des sacs à main, des cartables, etc.
1990
Moins de deux ans après mon installation avenue de Suffren, je décidais de fermer la boutique historique pour mieux me concentrer sur la seconde, dont l’avenir semblait bien plus prometteur. La suite des événements me le prouva.
1991
C’est cette année-là que j’entrepris de commercialiser des chaussures de luxe pour homme. J’avais déjà fidélisé suffisamment de clients masculins pour l’envisager. J’ai commencé par vendre quelques modèles d’un petit fabricant français, mais je me suis vite rendu compte que la qualité et les formes n’étaient pas adaptées aux exigences de mes clients, de plus en plus nombreux. Mon fichier clients se développait sans cesse. J’ai donc arpenté tous les salons professionnels de cette activité jusqu’à trouver un excellent fabricant anglais. Mes clients purent profiter pendant deux ans de cette gamme, enfin au niveau des grandes marques célèbres de l’époque, comme Church’s, Weston et autres.
1993
Malheureusement, ce groupe britannique connut des difficultés économiques et ne put continuer son activité. Il fallait vite rebondir. Parmi les nombreuses rencontres professionnelles que je fis à cette époque, je pus entrer en relation avec une petite usine au Portugal, avec laquelle j’ai eu pendant dix-sept ans une très belle collaboration. J’ai pu enfin dessiner les modèles, choisir et retravailler des formes parfois existantes et surtout m’impliquer dans la sélection des peausseries achetées en France dans la plus célèbre tannerie. Je fus même, à cette époque, agent pour cette usine.
2010
Le propriétaire de cette usine eut de gros soucis de santé. Son gendre essaya de reprendre les commandes, mais sans succès. Notre relation prit fin au printemps 2012.
2012
C’est vers un faiseur ibérique que je me tournais à présent. Après quelques visites, je pus établir auprès de ce fabricant du sud-est de l’Espagne la belle et complète collection que je commercialise encore aujourd’hui.
2014
Le premier e-shop Norbert Bottier vit le jour à cette époque. Grâce à une popularité qui n’a cessé de croître jusqu’à aujourd’hui, de nouveaux clients, de plus en plus nombreux, ont fait confiance à notre enseigne.
2016
La refonte totale du site de vente en ligne eut lieu à l’automne 2016. Une nouvelle plateforme, plus adaptée, était enfin disponible. Notre présence sur le réseau social Facebook a aussi contribué à nous placer parmi les meilleurs de la profession.
J’ai également développé une collection de maroquinerie entièrement faite dans mon atelier-boutique. C’est donc du 100 % français que je suis fier de proposer à de nouveaux clients. Ils peuvent désormais me commander sur mesure des étuis de smartphone, des porte-cartes, des étuis à lunettes ou à stylos, dans tous les formats, et choisir leur cuir et leur coloris.
Toujours à l’automne 2016, les clients qui se rendent dans notre boutique parisienne sont accueillis dans un nouveau cadre plus élégant, moderne et confortable.
L’atelier
Plutôt confier la paire à l’atelier ?
Patins, talons, ressemelage, entretien : nous faisons tout à l’atelier, au 164 avenue de Suffren, ou à distance.
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1
Vous demandez un devis
Remplissez le formulaire avec quelques photos : de profil, la semelle, le talon et le défaut. Nous vous répondons avec un prix et un délai.
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2
Vous envoyez la paire
Si le devis vous convient, envoyez les chaussures à l’atelier en colis suivi, avec un mot qui porte votre nom.
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3
Nous réparons et nous renvoyons
Nous faisons le même travail qu’au comptoir. Quand la paire est prête, vous la réglez par un lien de paiement et nous vous la renvoyons.